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Neal A. Maxwell Institute Of Religious Scholarship

L'enseignement de la chute dans le Livre de Mormon (MIL-T2)
Robert L. Millet
Provo, Utah: Maxwell InstituteThe views expressed in this article are the views of the author and do not necessarily represent the position of the Maxwell Institute, Brigham Young University, or The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints.
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L'enseignement de la chute dans le Livre de Mormon

Robert Millet

Le sujet d'aujourd'hui c'est la chute, la chute d'Adam et d'Ève, la chute de l'homme. Il y a, parmi les grands prophètes du Livre de Mormon, un modèle intéressant pour l'enseignement de l'évangile. Réfléchissez un peu sur la façon dont Ammon, Aaron et d'autres ont enseigné l'évangile. Remarquez la similarité, par exemple, entre la façon dont Ammon présente le message à Lamoni et celle dont Aaron le présente au fils de Lamoni. Remarquez la façon dont ils reviennent en arrière pour poser des questions signifiantes, telle « Croyez-vous qu'il y a un Dieu? » ou encore « Que savez-vous de ce Dieu? » Et ensuite ils prennent les écritures pour expliquer, principe par principe, le plan de salute.

Laissez-moi vous montrer un exemple de ce que je veux dire. Regardons Alma, chapitre 22, et nous allons voir l'ordre des choses qu'Aaron présente dans ce chapitre. Commençons avec le verset 7. Je vais le lire :

Et Aaron lui répondit et lui dit : Crois-tu qu'il y a un dieu? Et le roi dit : Je sais que les Amalékites disent qu'il y a un Dieu, et je leur ai permis de bâtir des sanctuaires pour qu'ils puissent s'assembler pour l'adorer. Et si tu dis maintenant qu'il y a un Dieu, je le croirai.

C'est là un phénomène qui est intéressant en lui-même : dès que l'esprit du Seigneur commence à descendre sur la personne qui écoute (l'ami de l'Église), et une transformation commence à avoir lieu, une des choses que l'on voit c'est qu'elle commence à croire; elle croit! Et ensuite, bien sûr, Aaron rend son témoignage.

    Quand Aaron entendit ceci, son coeur commença à se réjouir et il dit : En vérité, comme tu vis, ô roi, il y a un Dieu.

Le roi pose, alors, quelques questions : Est-ce que c'est là le Grand Esprit? Et Aaron poursuit en expliquant certaines affaires. Regardons le verset 12.

    « Quand Aaron vit que le roi était disposé à croire à ses paroles, il commença depuis la création d'Adam en lisant les Écritures au roi : Comment Dieu créa l'homme à son image; que Dieu lui donna des commandements, et que, pour les avoir transgressés, l'homme était tombé. » [Remarquez bien.]

    « Et Aaron lui expliqua les Écritures, à partir de la création d'Adam, lui présenta la chute de l'homme, son état charnel, ainsi que le plan de la rédemption préparée dès la fondation du monde, par le Christ, pour tous ceux qui croiraient en son nom. »

    « Comme l'homme était déchu, il ne pouvait rien mériter de lui-même; mais les souffrances et la mort du Christ expient les péchés, » et ainsi de suite.

La chose que je voudrai que vous remarquiez, c'est la fréquence dont on enseigne ce concept de la chute dans ce même ordre. En effet, je vous donnerai le défi de chercher les maints endroits dans le Livre de Mormon où, soit directement ou implicitement, l'on enseigne, ou n'enseigne pas, la doctrine de la chute. Maintenant, j'aimerai commenter sur le message que cela nous donne.

Il me semble que si nous n'apprécions pas entièrement la doctrine de la chute, nous ne pourrions jamais apprécier la doctrine de l'expiation. Si l'on ne sait pas que l'on est malade, on apprécierait sûrement pas le remède. Il se peut que l'on ne veut même pas le prendre!

Nous avons, en tant que Saints des Derniers Jours, une position plutôt exceptionnelle en ce qui concerne, par exemple, ce qui est arrivé au jardin d'Éden. Je pense que nous pouvons dire, sans hésiter, que notre position quant à l'Éden et les événements qui y ont eu lieu avec Adam et Ève est aussi optimiste et positive que l'on ne trouvera. Elle est peu typique pour le monde chrétien.

En autres mots, nous croyons qu'Adam et Ève sont allés dans le jardin dans le but de tomber. La chute était une partie aussi intégrale du plan pré-ordonné du Père que l'expiation même. En effet, s'il n'y avait pas eu de chute, il n'y aura pas eu besoin d'expiation. Mais, pour développer cette idée, la nôtre est une position optimiste. Adam et Ève ont fait ce que l'on a prévu. Nous ne croyons pas, alors, que la postérité d'Adam et d'Ève est liée par un genre de péché original à cause de la chute d'Adam et d'Ève. Nous ne croyons pas, comme le croient les penseurs catholiques et protestants, que les hommes et les femmes sont dépravés de nature, ou qu'ils n'ont même pas la capacité de choisir de faire le bien.

Alors je pense, dans ce sens aussi, que notre position est très positive. Nous ne croyons pas, alors, que les petits enfants nécessitent le baptême, car ils ne sont pas «souillés» par le péché originel.

Nous savons aussi que Joseph Smith, avant son décès, a prononcé quelques sermons très signifiants sur le potentiel de l'homme et de la femme. Le 7 avril 1944, le prophète a prononcé le sermon «King Follet», peut-être le plus reconnu de tous ses sermons, et a avancer le concept que Dieu avait été autrefois un homme, qu'il est devenu Dieu par obéissance, et ainsi de suite. Il a avancé, de façon claire et directe, dans ce sermon, l'idée que les hommes et les femmes peuvent devenir comme Dieu. Alors, nous avons cette connaissance-là.

Nous savons, alors, que ce qui est arrivé en Éden n'était pas tragique, mais faisait partie du plan. C'est clair dans la déclaration d'Ève à Adam à l'effet qu'elle était reconnaissante d'avoir fait ce qu'ils avaient fait, car cela leur aiderait à connaître le bonheur et la joie de leur rédemption. Nous savons que Joseph Smith a dit que l'homme et la femme peuvent devenir semblable à Dieu.

Avec tout cet optimisme, c'est parfois facile, je crois, d'imaginer que nous n'avons pas à nous occuper de la chute, car tout est déjà réglé. J'aimerai suggérer que le Livre de Mormon enseigne quelque chose, de façon signifiante, sur la chute - quelque chose que l'on puisse facilement laisser échapper, si l'on ne fait pas attention. Autrement dit, je m'inquiète que, parfois, en insistant sur le fait que les hommes et les femmes sont des dieux en embryon, dans notre désir de se donner l'un l'autre une grande tape dans le dos et de féliciter l'un l'autre sur notre bonté innée, nous oubliions qu'il y a dans l'homme et la femme une nature qui parvient de la chute et qui doit être changée. Et c'est ceci dont nous allons discuter aujourd'hui.

J'aimerai dire une ou deux choses à propos de ce qui est arrivé dans le jardin d'Éden. Plutôt que de chercher dans le Perle de Grand Prix, dans le livre de Moïse par exemple, la traduction inspirée des premiers chapitres de Genèse faite par Joseph Smith, nous allons d'abord faire seulement quelques commentaires.

Je ne pense pas que ce soit sage de notre part de tirer trop de conclusions des événements dans le jardin, parce que certains problèmes se présentent. Pour cette raison, je formule souvent ce que j'appelle des désaveux à propos de la création et de la chute. Au moins trois de mes désaveux sont comme suit :

    1. Nous ne possédons pas tous les détails sur les événements dans le jardin. Les détails qui se trouvent en Genèse, en Moïse, et en Abraham ne sont que fragmentaires.

    2. Il est parfois impossible de savoir quelles choses sont figurées et quelles sont littérales. Est-ce qu'Ève était vraiment faite à partir d'une côte? Quelle est la signification des deux arbres? Est- ce que l'un représentait la mortalité et l'autre l'immortalité? Les écritures ne nous disent pas toujours de façon claire, et les prophètes ne nous ont pas toujours dit, quelles choses sont littérales et quelles sont figurées.

    3. Nous ne savons pas, en réalité, quel était le niveau de connaissance d'Adam et d'Ève, n'est-ce pas? Nous pouvons conjecturer, nous pouvons deviner, nous pouvons émettre des hypothèses, mais, en réalité, nous ne le savons pas. Et pour cette raison, je crois que ce serait sage de prendre conseil et instruction d'une révélation que le Prophète Joseph Smith a reçue qui à l'effet que : «...ce jour [c'est à dire le jour du millénaire] où le Seigneur viendra, il révélera tout :

    Ce qui est passé et ce qui est caché que nul ne connaissait, les choses de la terre par lesquelles elle fut faite, leur dessein et leur fin. » (Doctrine et Alliances 101:32-33)

Autrement dit, soyons patients, apprenons ce que nous pouvons apprendre, soyons fidèles aux commandements que nous avons (anciens et modernes), mais soyons aussi prêtes, là où il le faut, à mettre certaines questions de côté jusqu'à ce que le Seigneur révèle toutes choses. Dans notre discussion d'aujourd'hui alors, je m'occuperais beaucoup moins des événements précises en Éden que des effets de ces événements. Et c'est pour cette raison-là que notre discussion portera sur la nature de la chute, et celle des hommes et des femmes suite à la chute.

J'aimerai, avant d'examiner la nature de l'être déchu, soulever un point qui pourrait nous aider. J'aimerai que vous réfléchissiez sur ceci : vous savez que nous nous débattons avec l'idée de deux commandements qui étaient en conflit. Je crois n'avoir jamais enseigné un cours sur le Livre de Mormon ou sur le Perle de Grand Prix où un étudiant n'ait pas demandé pourquoi Dieu aurait donné deux commandements qui étaient en conflit, c'est à dire de multiplier et de remplir la terre, mais de ne pas prendre le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, ce qui était essentiel à l'accomplissement du premier commandement. Je pense que nous avons formulé, au courant des années, des réponses plutôt intéressantes, mais j'aimerai suggérer qu'il y ait peut-être une autre façon de voir cette question. Je réfère aux idées du président Joseph Fielding Smith.

Président Joseph Fielding Smith a suggéré que « peut-être nous devions le lire un peu différemment, ou voir différemment le commandement de Dieu : "Tu peux manger à discrétion de chaque arbre du jardin; mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal."» Considérez ceci, a dit le Président Smith : « Et si l'idée que le Seigneur voulait avancer était : Tu peux manger à discrétion (à dire, sans conséquences) de chaque arbre du jardin; mais tu ne mangeras pas (sans conséquences) de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Le Président Smith a dit : « En autres mots, Dieu disait à Adam et à Ève: Si vous voulez demeurer dans le jardin, ne mangez pas du fruit, ou bien si vous en mangez, je vous défend de demeurer dans le jardin. »

Je pense qu'une telle perspective peut résoudre la question de commandements en conflit. C'est que Dieu a établi, plutôt, des limitations sur Adam et Ève et ce qu'ils pouvaient et ne pouvaient pas faire. Si vous voulez demeurer dans le jardin, ne mangez pas le fruit! Y a-t-il de commentaires ou de questions sur ça?

Nous allons commencer notre discussion de la nature de la chute par une déclaration de Président Ezra Taft Benson qui résume en quelque sorte ce que j'ai dit au tout début. Président Benson a dit ceci : « Je m'inquiète beaucoup de ce que nous faisons pour enseigner aux Saints, à tous les niveaux, l'évangile de Jésus-Christ de façon aussi complète et avec autant d'autorité que le Livre de Mormon et la Doctrine et Alliances. Par ceci, je veux dire l'enseignement de ce qu'Amulek a appelé le grand plan du Dieu éternel. Je vous pose une question. Est-ce que nous utilisons les messages et la méthode d'enseignement qui se trouvent dans le Livre de Mormon, et d'autres écritures du rétablissement, pour enseigner ce grand plan du Dieu éternel? »

Ensuite, il fournit quelques exemples. Nous avons vu l'un dans Alma 22. Ensuite il dit ceci, et c'est très pertinent à notre discussion de la chute : « Tous comme l'homme ne désire pas vraiment de la nourriture quand il n'a pas faim, il ne cherche pas, non plus, le salut du Christ avant de savoir pourquoi il en a besoin, avant de comprendre et d'accepter la doctrine de la chute et ses effets sur toute l'humanité. Et aucun autre livre dans le monde n'explique cette doctrine essentielle aussi bien que le Livre de Mormon. » (A Witness and a Warning, p. 32, 33)

Alors, nous allons prendre un peu de temps pour discuter de la doctrine de la chute telle que le Livre de Mormon l'enseigne. Je ferais référence ici et là à des déclarations par des dirigeants de l'Église qui, je pense, peuvent nous aider.

Regardons, d'abord, le dixième chapitre de 1 Néphi. Qui veut lire en premier? Je pense que ceci est la première référence à la chute dans le Livre de Mormon. Maintenant essayons de nous situer. Qu'est-ce qui arrive dans le chapitre 10? Jusqu'ici, les huit premiers chapitres ont traité, en grande mesure, l'abrégé par Néphi des expériences et des annales de son père. Le neuvième est un intermédiaire, une transition. Avec le dixième, nous commençons le ministère de Néphi. Mais il ne peut pas complètement omettre les enseignements de son père. Alors, il commence. Commencez avec le verset 4. 1 Néphi 10:4-6 s'il vous plaît.

    Et aussi que six cents ans après le départ de mon père de Jérusalem, le Seigneur Dieu susciterait un prophète parmi les Juifs, même un Messie, ou, en d'autres termes, un Sauveur du monde.

    Et il leur parla aussi des prophètes, leur montrant combien était considérable le nombre de ceux qui avaient rendu témoignage de ce Messie, ou de ce Rédempteur du monde dont il avait parlé.

    Et que tout le genre humain était dans un état de chute et de perdition et le serait toujours, à moins qu'il n'ait recours à ce Rédempteur.

Je pense que c'est là la première référence que nous voyons à la chute. « Tout le genre humain était dans un état de chute et de perdition et le serait toujours, à moins qu'il n'ait recours à ce Rédempteur. » Ceci est l'enseignement de Léhi. Un état de perdition dans quel sens? Je pense que nous allons discuter du concept de l'état déchu, mais pourquoi perdition? Qu'est-ce qu'implique la perdition?

Étudiant : Ils ne savent pas où ils vont.

Ils ne savent pas où ils vont. Ils n'ont pas de direction. Ils ne savent pas où ils sont. Une des valeurs de la doctrine de la chute, dès que nous la comprenons, c'est qu'elle nous enseigne qui nous sommes, où nous sommes, et ce que nous pourrions devenir. Un état de chute et de perdition! Et le serait toujours, à moins qu'ils n'aient recours à ce Rédempteur.

Regardons un autre verset. Cette fois-ci, je vous demande de regarder dans le livre de Moïse. Nous allons lire seulement un ou deux versets du Perle de Grand Prix, le livre de Moïse, sixième chapitre. J'ai dit, il y quelques minutes, que notre position sur les événements dans le jardin est positive et optimiste, et c'est vrai. Regardons maintenant le sixième chapitre de Moïse. Commençons avec le verset 53, et je vais vous interrompre ici et là afin que nous puissions examiner l'écriture.

    Notre père Adam parla au Seigneur et dit : Pourquoi faut-il que les hommes se repentent et soient baptisés d'eau? Et le Seigneur dit à Adam : Voici, je t'ai pardonné ta transgression dans le jardin d'Éden.

    C'est pourquoi le bruit se répandit parmi le peuple que le Fils de Dieu a expié la faute originelle. C'est pourquoi les péchés des parents ne peuvent tomber sur la tête des enfants, car ils sont purs dès la fondation du monde.

Réfléchissons un peu. Celle-ci est une des premières révélations. C'est un aperçu qu'Énoch nous donne d'Adam; essayons, en effet, de l'examiner. C'est la vision de Joseph Smith sur la vision de Moïse sur la vision d'Énoch sur Adam. Est-ce que cela semble correct? Nous regardons, en réalité, à travers d'un entonnoir, n'est-ce pas? La vision de Joseph Smith sur la vision de Moïse sur la vision d'Énoch sur Adam. Énoch nous parle d'Adam et de ce qu'il a appris, du fait qu'il a posé une question bien importante : Pourquoi faut-il que les hommes soient baptisés? Et la réponse, et ceci est intéressant, était : « Je t'ai pardonné, » dit le Seigneur, « ta transgression dans le jardin d'Éden. »

Maintenant, je vous demande : quelle différence ferait-il si le monde chrétien comprenait ce principe-là? Quelle différence ferait-il? « Je t'ai pardonné ta transgression dans le jardin d'Éden.»

Étudiant : Il n'y aura pas le concept du péché original. Il n'y aura pas de baptême d'enfants.

Alors, pas de concept du péché original. Pas de baptême d'enfants. Peut-être pas, alors, de doctrine de la dépravation morale de l'homme et de la femme qui est si répandue dans l'idéologie catholique et protestante.

Je traversais le pays un jour en auto et je n'avais rien à faire. Alors j'ai décidé d'allumer la radio. J'ai trouvé un poste religieux et l'ai écouté pendant quelque temps. C'était une émission à ligne ouverte et l'une des questions posées était celle-ci : « Révérend, pourquoi Adam et Ève auraient-ils mangé le fruit dans le jardin d'Éden? » Et la réponse du ministre était bien intéressante. Il a dit : « Je ne sais pas. C'était la chose la plus stupide qu'ils auraient pu faire. Voyons, » a-t-il dit, « s'ils n'avaient pas fait cela, nous serions tous en paradis aujourd'hui. »

Réfléchissez-y. Le pauvre homme, c'était la meilleure réponse qu'il pouvait trouver. Je me souviens d'un psychanalyste qui, il y a quelques années, a écrit un livre intitulé Ye Shall Be as Gods (Vous serez comme des dieux - n. de t.). Je l'ai lu, et savez-vous quelle était la prémisse principale? C'était que les actes d'Adam dans le jardin, d'avoir pris du fruit défendu et d'être devenu comme Dieu, était la première tentative de l'homme pour acquérir un grand pouvoir. Et que tout a dépéri depuis!

Bien, notre point de vue diffère encore : Adam tomba pour que les hommes fussent. En autres mots, c'était une chose positive. Je pense qu'Elder Orson F. Whitney a dit : « La chute était une descente, mais aussi une avance. » Et, donc, « Je t'ai pardonné ta transgression. » Et dans le verset 54, le Fils de Dieu a expié cette faute originale. Les péchés des parents ne peuvent tomber sur la tête des enfants, mais, et ici ça devient intéressant, le verset 55; lisez.

    Et le Seigneur parla à Adam, disant : Étant donné que tes enfants sont conçus dans le péché, lorsqu'ils commencent à grandir, le péché est conçu dans leur coeur, et ils goûtent à l'amer afin d'apprendre à apprécier le bien.

Le verset 55, à premier regard, semble contredire, en quelque sorte, ce que nous avons dit jusqu'ici. « Étant donné que tes enfants sont conçus dans le péché, lorsqu'ils commencent à grandir, le péché est conçu dans leur coeur. » Que signifie être né dans le péché? Pendant les vingt premières minutes ce soir, n'avons-nous pas dit, en effet, que nous ne croyons pas que les gens sont nés dans le péché? Alors, que signifie être né dans le péché?

Étudiant : Dans un monde plein de péché.

D'être né dans un monde plein de péché. C'est bien. Autre chose?

Étudiant : Les effets de la chute sont passés d'une génération à l'autre.

Très bien. L'idée c'est que nous sommes nés, conçus, dans un monde plein de péché. Aussi, la conception devient le véhicule par lequel la nature déchue (nous l'appelons la mortalité) est transmise à la postérité d'Adam et d'Ève. Vous allez me dire : Bien, vous avez dit que notre position était positive. Elle l'est. Il n'y a pas de péché associé à ce que j'hérite d'Adam. Mais ce n'est pas pour dire qu'il n'y a pas d'effets, d'effets réels. C'est là ce que nous appelons l'effet de la chute.

Donc, revenons maintenant au Livre de Mormon. Lisons le deuxième chapitre de 2 Néphi. Qui parlait dans notre première lecture? Léhi. 2 Néphi chapitre 2, qui parle? Encore Léhi. Lisons 2 Néphi 2:21. Ici, Léhi parle à son fils, Jacob. Il a déjà parlé de l'opposition en toutes choses que représentent les deux arbres dans le jardin d'Éden. Il a parlé de Lucifer, qui était tombé du ciel; il a parlé de la chute d'Adam et d'Ève dans le jardin; regardons maintenant le verset 20.

    Ils ont eu des enfants; oui même la famille de toute la terre.

    Et, selon la volonté de Dieu, les jours des enfants des hommes furent prolongés, pour qu'ils pussent se repentir pendant qu'ils vivaient dans la chair; c'est pourquoi leur état devint un état d'épreuve et leur temps fut prolongé, selon les commandements que le Seigneur Dieu donna aux enfants des hommes. Car il commanda à tous les hommes de se repentir; car il montra à tous les hommes qu'ils étaient perdus à cause de la transgression de leurs parents.

Remarquez bien. Ce verset ne dit pas qu'il montrait à tous les hommes qu'ils étaient dépravés à cause de la transgression de leurs parents. Il ne dit pas que Dieu dit qu'il y a un péché original à cause de la transgression de leurs parents. Mais cet état de «perdition». Nous n'aurons peut-être pas le temps pour discuter de ceci, donc permettez-moi de le dire maintenant. Un des effets intéressants de la chute c'est un genre de désaffection, une désaffection des choses de la justice. Comment s'appelle cette désaffection, cette séparation, des choses de la justice, des choses de Dieu? Comment s'appelle-t-elle? La mort spirituelle.

Une partie de cette mort spirituelle comprenait une séparation de Dieu. Mais non seulement de Dieu, mais aussi de la famille de Dieu. Quelle différence fait-elle? Bien, l'on ne peut surmonter une séparation de la famille de Dieu que d'une manière - par l'expiation. L'expiation, alors, représente la voie qui mène non seulement à notre pardon mais aussi à notre réintégration au sein de la famille de Dieu. Et l'on réintègre la famille de Dieu grâce au Christ. Avant d'obtenir cette réintégration et réconciliation, l'on est sans famille et sans nom. Ainsi, une fois que l'on réintègre la famille, qu'est-ce que l'on a? On a une famille, et on a un nom. Et le nom, le nouveau nom, c'est le nom du Christ. Donc, une partie de l'expiation comprend non seulement le pardon pour nos péchés, quelque important que cela soit, mais aussi notre réintégration au sein de la famille royale.

Et, donc, Léhi enseigne ceci à son fils très tôt. Nous allons le revoir, plus tard, dans ses enseignements à son fils Jacob. Laissez-moi vous donner un exemple, afin de vous démontrer comment cette idée se trouve partout dans les écritures. Regardez avec moi dans le livre d'Éther, à la fin des annales des Jarédites. Le livre d'Éther, chapitre 3, lisons le verset 2. Regardez cela. Que se passe-t-il ici? Quelle est l'occasion?

Étudiant : Le frère de Jared se trouve face à un problème quant à la manque de lumière dans les vaisseaux dans lesquels ils vont traverser les eaux pour venir aux Amériques. Alors, le Seigneur lui dit, en effet, que c'est à lui de trouver la solution.

Alors, il avait déjà trouver la solution pour un des problèmes; quel était l'autre? C'était celui de l'air, n'est-ce pas? Il semble, d'un sens, avoir été, architecturalement, au-delà des capacités du frère de Jared, alors le Seigneur lui a dit quoi faire. Voilà un autre problème, et le Seigneur lui dit, en effet, que voudrais-tu que je fasse? Donc, le frère de Jared y réfléchit, se prépare, et il fait quoi? Il amène les pierres. La solution c'est seize petites pierres qu'il demandera au Seigneur de toucher.

Mais au milieu de l'histoire, on enseigne une grande doctrine dans le verset deux. Qui voudrait le lire?

    Ô Seigneur, tu as dit que nous devons être enveloppés par les flots. Maintenant voici, ô Seigneur, ne sois point irrité contre ton serviteur, à cause de sa faiblesse devant toi; car nous savons que tu es saint, que tu demeures aux cieux, et que nous sommes indignes de toi; à cause de la chute, notre nature est devenue continuellement mauvaise; cependant, ô Seigneur, tu nous as donné le commandement de t'invoquer, afin que nous puissions recevoir de toi selon nos désirs.

C'est qui le personnage ici encore? Qui fait la prière? C'est ici Mahonri Moriancumr. Comment pourrait-on décrire sa condition spirituelle? C'est un vrai géant, non? Un esprit d'environ neuf pieds de haut ! C'est là un homme qui va bien réussir, un homme très spirituel. Remarquez ce qu'il dit ici : « nous sommes indignes de toi; à cause de la chute, notre nature est devenue continuellement mauvaise. »

Je trouve intéressant le fait que ce soit non seulement une doctrine néphite, mais aussi une doctrine jarédite. À cause de la chute, notre nature est devenue continuellement mauvaise. Cette nature déchue ! Mais remarquez ce qui suit le point-virgule. Ce mot merveilleux, «cependant». « Cependant, ô Seigneur, tu nous as donné le commandement de t'invoquer. »

C'est important, ça. Pourquoi? Pour la même raison que lorsque Néphi se lamentait sur sa propre condition en 2 Néphi 4. Souvenez-vous de l'ennui de Néphi? Il réjouit du Seigneur, et pendant qu'il réjouit, il s'inquiète sur quelque chose en lui-même. C'était quoi? Il se lamente : « O misérable que je suis ! » Mais, pourquoi est-il misérable? Parce qu'il est peu gentil, peut-être même choqué, envers ses frères. La plupart des personnes ici auront tué ses frères bien avant ça mais, lui, il a des sentiments peu gentils.

Étudiant : C'est intéressant que plusieurs des prières qui se trouvent dans le Livre de Mormon comprennent une indication par le prophète ou la personne de son indignité devant le Seigneur. Ils comprennent la chute et se rendent compte que, sans l'expiation, ils ne sont rien. Alors il y a un fil commun dans les prières.

Oui, en effet c'est pourquoi j'ai dit plut tôt que la chute et l'expiation vont toujours ensemble. Ceux qui viennent au Christ savent déjà qu'il y a de quoi à régler dans leur vie. Réfléchissez-y. Si la foi c'est connaître le Seigneur, ses attributs, ses pouvoirs, voyez-vous pourquoi la repentance suit tout naturellement la foi? C'est parce que l'on ressent quelque chose. Quoi? La différence entre soi et le Seigneur. Alors, la repentance suivra toujours la foi.

Étudiant : Et c'est là l'espoir qu'ils exercent toujours.

C'est là la raison pour l'utilisation du mot «cependant». Je reviens à Néphi; il dit : « O misérable que je suis! » Une grande phrase de Néphi suit plus loin : « Néanmoins, je sais en qui j'ai mis ma confiance. » L'avez-vous remarqué? La chute - l'expiation; la chute - l'expiation; à maintes reprises. Si nous n'enseignons que la chute, et si les gens quittent nos salles de classes se sentant très minables, alors c'est évident que nous n'avons pas bien fait notre travail parce que nous n'avons enseigné que la moitié de l'histoire.

Dans une certaine mesure, c'est là la raison pour laquelle le plan doit être présenté régulièrement comme un ensemble. Et, d'un sens, si l'on prend la chute et l'enseigne tout seul on traite le plan de façon injuste. Ou, encore, si l'on prend une partie du plan et l'isole, on l'enseigne de manière abstraite, car son sens plein ne se voit que lorsqu'on le voit en entier. C'est pourquoi Elder Bruce R. McConkie traitait la création, la chute et l'expiation des «Trois Piliers de l'Éternité», car elles forment, ensemble, le grand plan de salut. Et voilà le frère de Jared.

J'aimerais faire un petit revue de ce que nous avons dit jusqu'ici, et ensuite nous retournerons au troisième chapitre de Mosiah pour lire la grande déclaration par l'ange au roi Benjamin. Je vais lire maintenant quelque chose qui résume, peut-être ce que nous avons dit :

    « La conception, qui nous vêt de chair, est le moyen de transmission. Le moyen par lequel l'état déchu d'Adam et d'Ève, la mort physique et spirituelle, est transféré de génération en génération. La tendance naturelle à pécher est innée dans notre nature dès la conception, tout comme la mort. »

Une autre manière d'exprimer la même idée c'est comme suit : les semences du péché et de la mort sont présentes à la conception. Un enfant n'est ni pécheur ni mort à sa naissance, mais les semences sont là. Voyez-vous ce que je dis?

    « Le péché, tout comme la mort, arrive de façon spontanée. Dans le cas de petits enfants, les résultats de cet état déchu (péchés et tendances à pécher) restent en suspens, grâce à l'expiation, jusqu'à ce que l'enfant atteigne l'âge de raison. À ce moment-là, cependant, l'enfant devient sujet à la mort spirituelle et doit, alors, se repentir et venir au Christ par alliance et par les ordonnances de l'Évangile. »

Alors, ces choses-là nous ramènent à notre position actuelle. Lisons le chapitre trois. Nous y trouvons le concept intéressant que l'ange présente au roi Benjamin.

Le livre de Mosiah, chapitre 3, au milieu de ce merveilleux chapitre. Commençons avec le verset 16. Benjamin parle de la venue du Christ, tel que l'ange lui a enseigné. Il a déjà parlé de la condescendance du grand Jéhovah, la venue du grand Dieu sur la terre.

Verset 16 : « Et même si les petits enfants étaient susceptibles de pécher, ils ne pourraient être sauvés. Mais je te déclare qu'ils sont bénis; car, de même qu'ils sont déchu en Adam ou par nature, de même le sang du Christ expie leurs péchés. » C'est très intéressant.

Je pense que la plupart des gens, lorsque l'on demande (même plusieurs des Saints), vont dire que sa plus grande question c'est : « Les petits enfants sont-ils innocents? » C'est là la mauvaise question. La réponse va de soi : Oui. Mais la bonne question c'est plutôt «Pourquoi?» Beaucoup de gens diraient que c'est parce que les enfants sont si mignons, gentils et sages. Je ne sais pas comment sont vos enfants, mais les miens ne sont pas toujours comme ça. Quand on nous dit de devenir comme des petits enfants, comme nous allons voir dans quelques minutes, que veut-on dire? Avares? Possessifs? Maussades? Non. Non ! Savez-vous quel trait de petit enfant? L'innocence. Mais pourquoi sont-ils innocents? Voilà la question qui revient. Le verset 16 vient de nous le dire. C'est à cause du sang du Christ. Les petits enfants sont innocents non pas parce qu'ils ont une bonne nature. Les écritures nous disent qu'en Adam, ou par nature, ils tombent. Mais le sang du Christ expie leurs péchés.

Étudiant : Peut-on utiliser le mot responsabilité? Dire qu'ils ne sont pas responsables de ce qu'ils font?

C'est correct. Et, donc, nous allons voir de temps à autre une écriture qui dit que «ils ne peuvent pas pécher.» Lorsque je vivais dans une autre région du pays, il y avait un jeune de 7 ans qui avait tué son frère ! La plupart du temps, ce serait considéré comme un péché, non? Mais pour lui ce n'était pas un péché. Pourquoi? Parce qu'il n'était pas encore arrivé à l'âge où il était responsable. Alors c'était compris dans l'expiation. Très bien. De nature ils tombent; le sang du Christ expie leurs péchés. Lisons maintenant Mosiah 3:17.

    Et je te dis, en outre, qu'il ne sera point d'autre nom donné, ni aucun voie ou moyen par lesquels le salut puisse être donné aux enfants des hommes, si ce n'est dans et par le nom du Christ, le Seigneur omnipotent.

    Car il juge et son jugement est juste, et le petit enfant qui meurt en bas âge ne périt pas.

À ma connaissance, ceci est l'un des premiers endroits dans le Livre de Mormon où l'on enseigne cette doctrine-là, c'est à dire le salut des enfants qui meurent avant d'atteindre l'âge de la raison. Elle apparaît de nouveau dans les enseignements de Mormon, et plus tôt encore dans les enseignements d'Abinadi. Elle apparaît parfois, bien sûr dans la Doctrine et Alliances. Mais je crois que c'est l'une des premières places dans le Livre de Mormon où l'on enseigne que « le petit enfant qui meurt en bas âge ne périt pas. »

    Mais les hommes boivent de la damnation pour leur âme s'ils ne s'humilient et ne deviennent comme de petits enfants, et s'ils ne croient que le salut a été, est et sera dans le sang expiatoire du Christ, le Seigneur Omnipotent.

Et voici le verset clef : « Car l'homme naturel est l'ennemi de Dieu, l'a été depuis la chute d'Adam et le sera pour toujours et à jamais, à moins qu'il ne se rende aux persuasions du Saint- Esprit, qu'il ne se dépouille de l'homme naturel, » et ainsi de suite. Je reviendrai sur cette question de se dépouiller dans ma conclusion un peu plus tard.

« L'homme naturel est l'ennemi de Dieu. » Les Écritures utilise de façon régulière l'expression homme naturel. Dans le Nouveau Testament, par exemple, Paul, dans ses lettres aux Corinthiens dans 1 Corinthiens 2, fait une grande déclaration : « Mais l'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont [souvenez-vous de ce qu'il dit] une folie pour lui. L'un des caractéristiques de l'homme naturel, alors, c'est qu'il (ou elle) ne peut pas ou ne veut pas percevoir la réalité spirituelle.

Le mot naturel est utilisé ici de façon bien intentionnelle. Ça réfère à une personne qui est plus acclimaté à la nature des choses autour d'elle qu'à la nature spirituelle. Autrement dit, nous commençons chacun cette vie terrestre par le processus que nous appelons la naissance naturelle. Une naissance naturelle produit un homme naturel. Nous ne pouvons pas demeurer de même. Nous devons changer et, alors, il doit y avoir une naissance spirituelle qui produit l'homme ou la femme spirituelle. Alors la naissance naturelle donne vie à l'homme naturel qui est l'ennemi de Dieu. Pourquoi? Parce qu'il ne perçoit pas la réalité spirituelle.

Je pense que nous pouvons voir, de façon constante, l'enseignement que l'homme naturel suit son propre agenda. Il fait tout de sa propre manière. Nous pouvons voir que l'homme naturel est une personne qui cherche le bonheur ailleurs que dans le plan de Dieu.

Par exemple, gardons notre place quelque temps et retournons lire dans Alma 41. C'est le milieu de la grande conversation entre Alma et son fils Corianton. Il se peut qu'Alma 41:10 soit l'une des écritures les plus citées du Livre de Mormon. Nous allons commencer là.

    Ne suppose pas, parce qu'il a été parlé de la restauration, que tu seras rendu du péché au bonheur. Voici, je te le déclare, l'iniquité n'a jamais été le bonheur.

Maintenant, c'est ce chapitre qui porte sur la doctrine de la restauration. Non seulement le concept de la résurrection, c'est là une partie, mais aussi l'idée que l'on ne peut pas simplement croire que si l'on mène une vie débauche et naturelle ici bas l'on serait rendu à une vie spirituelle dans les cieux. C'est là l'idée. Alors, l'iniquité n'a jamais été le bonheur.

    Ensuite, Alma utilise des termes plus spécifiques. Le verset 11 :

    « Or, mon fils, tous les hommes qui sont dans un état naturel, » Comment pourrait-on dire autrement qu'ils sont dans un état naturel? « Tous les hommes qui sont dans un état naturel, » Qu'est-ce que nous avons fait ici avec le mot naturel? Ce n'est pas positif, n'est-ce pas?

    Étudiant : L'homme naturel est fondamentalement méchant.

    Voilà. Tous les hommes sont des hommes naturels.

    « je dirai mieux, dans un état charnel, » Ici, Alma nous fourni une équivalence, non? L'homme naturel devient l'homme charnel. Qu'est-ce que cela implique?

    Étudiant : Bas.

    Bas, sensuel.

    « sont dans le fiel de l'amertume, et dans les liens de l'iniquité; ils sont sans Dieu dans le monde. » Qu'est-ce que cela signifie? Nous avons appris quelque chose de nouveau sur l'homme naturel : il vit sans Dieu dans le monde. Qu'est-ce que cela veut dire?

    Étudiant : De ne pas l'avoir accepté.

Très bien. De ne pas avoir accepté le fait qu'il y ait un Dieu, ou de ne même pas accepter la volonté de Dieu si l'on sait qu'il y en a un. L'un ou l'autre.

    « et ils sont allés à l'opposé de la nature de Dieu; c'est pourquoi, ils sont dans un état contraire à la nature du bonheur. »

Pouvez-vous voir, en autres mots, que l'homme naturel travaille, dans un sens, à l'encontre des buts de Dieu? Est-ce que ça vous semble logique?

Étudiant : Lorsque l'on fait une liaison entre ça et le concept de la lumière du Christ qui est donnée à chaque personne, tel que Moroni l'enseigne, et le discernement entre le bien et le mal, on se rend compte que ces personnes sont naturelles à cause de la chute, mais qu'elles ont le choix. Dieu leur a donné la lumière du Christ et elles se trouvent devant un carrefour : elles peuvent ou poursuivre le naturel ou poursuivre la lumière du Christ. Ce sont des décisions conscientes tout le long du chemin, jusqu'à ce que les choses deviennent tellement naturelles et basses que les personnes suivent ce chemin-là.

C'est une bonne observation. En effet, j'aimerais dire que c'est là une autre différence importante dans le point de vue des Saints des Derniers-Jours quant à la chute et aux hommes et femmes déchus. J'imagine que, si nous lisions actuellement le débat entre Martin Luther et Erasmus, que l'on appelle «l'Esclavage et la Volonté», nous verrions que Luther croyait que l'homme et la femme n'avaient même pas la capacité de choisir le bien. Je suis content que vous avez soulevé cette question. Regardez encore dans 2 Néphi 2 et remarquez le langage dans ce chapitre. Est-ce que quelqu'un pourrait chercher Hélaman 14 s'il vous plaît pour épargner du temps? Remarquez, dans 2 Néphi 2, le langage qu'il utilise après avoir discuté de ces versets importants que nous connaissons très bien.

    2 Néphi 2:24. Léhi dit : « Mais toutes choses ont été faites par la sagesse de celui qui sait tout. »

    « Adam tomba pour que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir de la joie. »

Qu'est-ce que Néphi nous enseigne ici? Il nous enseigne la chute. Qu'est-ce qui devrait le suivre tout de suite? L'expiation.

«Et le Messie viendra dans la plénitude des temps pour racheter les enfants des hommes de la chute. Et parce qu'ils sont rachetés de la chute [voilà une des choses qui arrive grâce à la rédemption : nous sommes rachetés de la chute], ils sont devenus libres pour toujours, connaissant le bien et le mal, agissant par eux-mêmes et non par la volonté d'autrui. » Ce concept de rédemption, une rédemption globale, rend possible la liberté des hommes et des femmes à choisir.

L'autre exemple se trouve dans Hélaman 14. Lisez le verset 30 s'il vous plaît. Ici, c'est Samuel le Lamanite qui parle.

    « Et maintenant, souvenez-vous, souvenez-vous, mes frères, que quiconque périt, périt à lui-même et que quiconque commet l'iniquité, la commet à lui-même; car voici, vous êtes libres, il vous est permis d'agir par vous-mêmes. Car voici, Dieu vous a donné la connaissance et il vous a faits libres. »

Est-ce que ce verset-là résume bien ce que nous essayons de dire? En effet, des étudiants et d'autres qui ne croient pas fermement à l'idée de la nature déchue, à ce dont nous parlons aujourd'hui, me posent souvent la question : « Mais n'est-il pas vrai que nous avons la lumière du Christ? » La réponse c'est oui; la question ce n'est pas si on l'a, mais plutôt si l'on l'écoute. Seul ceux qui écoutent la lumière du Christ sont en condition d'être rachetés.

Très bien. Revenons au Roi Benjamin. L'homme naturel est l'ennemi de Dieu. Nous savons un peu pourquoi. Regardons un ou deux autres passages dans les Écritures. Regardons dans Mosiah 16 - les paroles d'Abinadi. Lisez le chapitre 16, le verset 1, et continuez jusqu'à ce que je vous arrête.

    « Lorsque Abinadi eut prononcé ces paroles, il étendit la main et dit : Le temps viendra où tous verront le salut du Seigneur; où chaque nation, famille, langue et peuple verra oeil à oeil et confessera devant Dieu que ses jugements sont justes. »

    « Alors les méchants seront rejetés, et ils auront sujet de hurler, de pleurer, de gémir et de grincer des dents. »

L'écriture va maintenant aborder ce dont nous parlions un peu plus tôt, à voir le refus d'écouter. Un de mes collègues, Larry Dahl, le dit ainsi : Certaines personnes ne sont pas malentendantes, mais elles écoutent plutôt mal. Le mot écouter est un mot plutôt intéressant. Il signifie non seulement entendre, mais aussi obéir.

    « et cela, pour n'avoir point écouté la voix du Seigneur. C'est pour cela que le Seigneur ne les rachète pas. »

    Remarquez bien la description de l'homme naturel qui suit :

    « Car ils sont charnels et diaboliques et le diable a tout pouvoir sur eux; oui, ce vieux serpent même qui trompa nos premiers parents, qui fut la cause de leur chute; qui fut la cause que toute l'humanité devint charnelle, sensuelle et diabolique, distinguant le bien du mal, et s'assujettissant au diable. »

    « Ainsi, toute l'humanité fut perdue; et voici, elle aurait été perdue à jamais si Dieu n'avait racheté son peuple de son état de déchéance et de perdition. »

    « Mais souvenez-vous que celui qui persiste dans sa nature charnelle, »

Remarquez le langage : « persiste dans sa nature charnelle, » Il n'a pas dit « entre dans une nature charnelle par le péché ». Voyez-vous la différence? C'est une nature dont on doit être retiré. Comprenez-vous ce que j'essaie de dire? C'est là le concept que l'on transmet : on ne change pas d'homme naturel en homme spirituel seulement en vivant plus longtemps; il doit y avoir une transformation; on doit être enlevé d'un milieu; dans les mots de l'ange à Benjamin : «se dépouiller» de l'homme naturel. Voyez-vous le concept? Excusez-moi, continuez à lire.

« Mais souvenez-vous que celui qui persiste dans sa nature charnelle et qui continue dans les voies du péché et de la révolte contre Dieu, reste dans son état de déchéance, et le diable a tout pouvoir sur lui; c'est pourquoi, il est comme si aucune rédemption n'avait été faite, étant ennemi de Dieu; et de même, le diable est un ennemi de Dieu. »

Ce sont là des versets qui éclairent beaucoup quant à la nature dont nous parlons. Y a-t-il des idées ou des commentaires que vous aimeriez soulever?

Étudiant : Je pense que la chute est quelque chose de très personnel. Chaque personne doit tomber. Nous sommes dans un état de «déchéance», mais nous continuons à tomber jusqu'à ce que nous nous y retirions grâce à un changement personnel. Ce n'est pas quelque chose qui nous arrive, sinon quelque chose que nous devions faire. C'est quelque chose de très personnel.

En effet. Un autre de mes collègues l'a dit ainsi : « Il y a la chute de l'homme auquel on associe Adam, et, ensuite, il y a la chute de moi personnellement. L'homme et moi. Le Seigneur s'est occupé de la première; c'est ma responsabilité, par le Christ, d'assurer que je m'occupe de la deuxième. » Je pense que c'est là ce que vous avez dit.

J'aimerai suggérer quelque chose. Nous avons tendance, nous sommes tentés (tenté, c'est un bon mot, n'est-ce pas?), à présumer que l'homme ou la femme naturel c'est toujours le malfaiteur méchant, bas et visqueux, et cette personne tombe bel et bien dans cette catégorie. Mais voilà la partie qui effraie : l'homme naturel (nous allons utiliser simplement le terme homme) ce n'est pas de nécessité que la personne vile, malveillante et odieuse.

Il y existe une variation subtile de l'homme naturel dans un genre de continuum. L'homme naturel peut aussi bien être un homme tout à fait fin qui n'a pas encore connu la révélation du Christ par le Saint-Esprit et qui, donc, n'a pas encore commencé à réjouir, aussi, du pouvoir purifiant de son esprit.

Qu'est-ce que cela implique pour les Saints des Dernier-Jours? Pour les Saints qui sont trop occupés (il semblerait que notre plus grand péché c'est la préoccupation et l'inattention), ou qui sont indifférents? Il n'est pas important que nous soyons baptisés et ayons reçu le don du Saint-Esprit. Si nous ne profitons pas de la présence de l'esprit dans notre vie, nous sommes toujours, en quelque sorte, mort-nés spirituellement. Vous me comprenez? Alors l'homme naturel n'est pas de nécessité l'homme odieux; il peut être la personne fine et moralement juste qui ne réjouit pas de l'esprit dans sa vie.

Le président Brigham Young, par exemple, a dit : « Il n'y a pas de doute que si une personne vit selon les révélations données par Dieu à son peuple, cette personne peut avoir l'esprit de Dieu pour lui signaler sa volonté, et pour lui diriger dans l'accomplissement de ses devoirs, à la fois dans sa vie temporelle et spirituelle. [et voilà cette phrase-ici] C'est mon opinion, cependant, que, dans cet aspect, nous ne réalisons pas tout notre potentiel. »

C'est là la raison pour laquelle président Benson a parlé si énergiquement de l'orgueil, que l'orgueil c'est l'inimité entre l'homme et son prochain, entre l'homme et Dieu; que la personne orgueilleuse ne veux pas regarder en haut, mais regarde plutôt en bas, et ainsi de suite.

Nous allons maintenant essayer de terminer. Quant à l'homme naturel, nous pourrions peut- être lire une dernière écriture qui pourrait nous aider : Alma chapitre 42. Ce chapitre dit, en quelque sorte, plusieurs des mêmes choses que nous avons dites. C'est encore Alma et Corianton. Commençons avec le verset 5. Qui voudrait le lire?

    Car voici, si Adam avait immédiatement avancé la main et pris du fruit de l'arbre de vie, il aurait vécu à jamais selon la parole de Dieu, n'ayant aucun intervalle pour se repentir; oui, et la parole de Dieu aurait aussi été sans effet et le grand plan du salut aurait avorté.

    Mais voici, il était arrêté que l'homme mourrait - c'est pourquoi, comme ils étaient retranchés de l'arbre de vie, ils devaient être retranchés de la surface de la terre et l'homme devint perdu à jamais, oui, il devint l'homme déchu.

    Et maintenant, tu vois par-là que nos premiers parents furent retranchés de la présence du Seigneur, temporellement et spirituellement; et ainsi nous voyons qu'ils devinrent libres de suivre leur propre volonté.

    Or, voici, il n'était pas expédient que l'homme fût racheté de cette mort temporelle, car cela aurait détruit le grand plan du bonheur.

    C'est pourquoi, comme l'âme ne pouvait jamais mourir, et comme la chute avait amené une mort spirituelle aussi bien qu'une mort temporelle sur toute l'humanité, c'est-à-dire qu'elle était retranchée de la présence du Seigneur, il était expédient que l'humanité fût rachetée de cette mort spirituelle.

    Et comme les hommes étaient devenus charnels, sensuels et diaboliques par nature, cet état d'épreuve devint pour eux un état pour se préparer, il devint un état préparatoire.

Alors, nous voyons encore une fois un sommaire de la chute et de l'expiation. J'aimerai présenter une ou deux dernières idées. Président Brigham Young a dit une fois (J'aime bien cette déclaration) : « Nous avons besoin constamment de toute l'expiation du Christ, de toute la miséricorde du Père, de toute la compassion des anges et de toute la grâce du Seigneur Jésus-Christ. Et ensuite nous devons faire tout ce que nous pouvons pour se défaire de ce péché qui est en nous afin que nous puissions nous échapper de ce monde et atteindre le royaume céleste. »

Je reviens maintenant aux paroles de président Benson, là, en effet, où nous avons commencé. Il parle de la chute, et il pose des questions difficiles. Il demande :

    Est-ce que nous utilisons les messages et les méthodes d'enseignements qui se trouvent dans le Livre de Mormon? Les Saints du Livre de Mormon savaient que le plan de la rédemption doit commencer avec l'histoire de la chute d'Adam. Moroni a dit : « Par Adam vint la chute de l'homme. Et à cause de la chute de l'homme est venu Jésus-Christ, et c'est à cause de Jésus-Christ qu'est venue la rédemption de l'homme. »

Président Benson dit que « nous devons tous analyser soigneusement notre performance, ainsi que la performance de ceux sur qui nous présidons, afin d'être sûr que nous enseignions aux Saints le grand plan du Dieu éternel. Acceptons-nous ce que les révélations nous enseignent au sujet de la création, d'Adam, de la chute de l'homme, et de la rédemption de cette chute par l'expiation de Jésus-Christ? » C'est là une question importante. Le grand plan : l'enseignons-nous?

C.S. Lewis a un jour dit : « Cette transformation de l'homme et de la femme d'une créature naturelle et déchue en une créature spirituelle résume bien ce qu'est le christianisme. » Il a dit : « C'est comme l'atelier d'un grand sculpteur et nous sommes les statues. Et une rumeur circule dans l'atelier selon laquelle certaines parmi nous vont un jour prendre vie. » C'est là ce qu'est l'expiation. C'est ce qui nous élève au-dessus de notre nature déchue et nous y rachète et nous transforme en créatures qui seront à l'aise avec, et comme, Dieu. Et je témoigne de cela au nom de Jésus-Christ, Amen.

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