
L'Etude et la Foi dans le Livre de Mormon
John W. Welch
Traduction par Hauck
John W. Welch est professeur de droit à l'Université de Brigham Young, et il est le président de la Fondation pour La Recherche Ancienne et les Etudes sur les Mormons (F.A.R.M.S.), une organisation non-lucrative qui publie les fruits de recherches approfondies sur le Livre de Mormon et les études anciennes qui s'y rapportent. Professeur Welch a donné ce discours le 10 Mai 1988.
Nous avons beaucoup entendu parler du Livre de Mormon ces dernières années. Un Saint des Deniers Jours devrait être sourd et aveugle pour ne pas avoir remarqué que le Président Benson en a fait un thème principal dimportance cruciale. La signification du Livre de Mormon pour nous en tant que peuple, à la fois individuellement et collectivement, peut difficilement être exagérée. "Supprimez le Livre de Mormon et les révélations et où est votre religion?" a demandé Président Benson; "Nous nen avons aucune," a été la réponse depuis longtemps.
Ce livre a donné aux membres de lEglise plus quun nom seulement. Bien plus que cela, il nous sert de tuteur spirituel, nous enseignant comment entendre et connaître la voix de notre maître et de reconnaître le témoignage du Saint-Esprit. Il nous sert de fontaine de sagesse, nous expliquant, comme aucune autre source, le plan de salut et notre présente condition humaine. Il est un signe du Rétablissement dans ces derniers jours, et témoigne de Jésus-Christ, démontrant à tous ceux qui ont des oreilles pour entendre et des yeux pour voir que Dieu a toujours été à luvre dans ce monde. Cest la clé de nos alliances, (par exemple, peu dentre nous pensent au fait que les paroles de la prière de baptême et de la bénédiction de la Sainte-Cène, que nous utilisons chaque semaine, ont été révélées premièrement dans cette dispensation à travers la traduction de 3 Néphi 11 et de Moroni 45). Ce livre est aussi notre guide sur la manière de vivre et il révèle pleinement comment nous serons jugés.
Ça nous apporte tant et tant de choses. Cest un livre merveilleux qui peut être utilisé et appliqué dans mille et une facons. Cest le moyen primordial par lequel Dieu a choisi de communiquer son évangile de lalliance à tous peuples à notre époqueriches, pauvres, jeunes, vieux, blancs ou noirs, mariés ou célibataires. Il y a peu de choses dans cette vie qui sont plus importantes à faire que de connaître, daimer et de suivre les enseignements du livre de Mormon.
Parce que cest si complet et si riche, ses maintes facettes restent scellées à tous ceux qui nen font pas une étude quotidienne pour la vie. Peu importe qui vous êtesun converti récent ou un érudit sérieux , un saint ou un pécheur non repentantle Livre de Mormon est à votre portée, il commence où vous êtes, il répond à vos besoins et à vos intérêts. Dans sa plénitude, nous avons seulement effleuré sa surface. Il y a de nombreuses leçons, de toutes sortes, que nous avons toujours à apprendre de ses pages.
Depuis longtemps, le Seigneur essaie de faire en sorte que les saints en retirent davantage du Livre de Mormon. Dès 1832, il a châtié les membres de lEglise à Kirtland pour avoir négligé le Livre de Mormon, disant: "les enfants de Sion, oui tous . . . resteront sous . . . condamnation jusqu à ce quils se repentent et se souviennent de la nouvelle alliance, à savoir le Livre de Mormon." (D&A 84:57). Aussi récemment que 1984, Président Benson réitéra la même sévère admonition. Durant la Conférence Générale dOctobre de cette année-là, il a dit: "Tandis que jassistais à la dédicace du temple de Mexico City, je reçus la nette impression que le Seigneur nétait pas content de notre attitude négligente envers le Livre de Mormon." Il a clairement indiqué que nous étions toujours sous cette même condamnation, datant dil y a 150 ans. En dépit de tout ce que nous avons fait dans le passé, nous avons toujours des kilomètres à faire pour comprendre et obéir ce qui nous a été donné.
Quelques exemples, provenant détudes récentes, peuvent illustrer ce que jentends à propos de la manière dont notre appréciation du Livre de Mormon est toujours en train de grandir.
Premièrement, un peu dhistoire: lannée 1829. Ce nest que récemment que jai commencé à réaliser quel accomplissement foudroyant ce fut pour Joseph Smith de faire paraître le Livre de Mormon. Le seul fait que ce livre existe tient davantage du miracle que la plupart dentre nous le réalise. Considérez, par exemple, la simple question du temps quil a fallu pour Joseph de traduire le Livre de Mormon.
De nombreux documents historiques de source sûre, écrits par des personnes telles que Lucy Mack Smith, Joseph Knight, David Whitmer, Oliver Cowdery, et même des archives publiques, comme lhypothèque sur la ferme de Martin Harris, corroborent entièrement ces détails et révèlent un récit stupéfiant.
Après les incidents survenus en 1828, la traduction du Livre de Mormon commença finalement le 7 avril 1829, deux jours après larrivée dOliver Cowdery à Harmony, en Pensylvannie, envoyé sur révélation personnelle du Seigneur afin de servir de secrétaire à Joseph Smith. Quelques cinq mois après, le 15 mai, ils en étaient déjà au récit du ministère du Christ parmi les Néphites, dans 3 Néphi 11.
Vers le 11 Juin, nous savons quils avaient déjà traduit les dernières plaques de Mormon, puisque Joseph a utilisé ces mots tirés de la page du titre pour servir de description légale sur la demande de droits dauteur quil a soumis ce jour-là. Vers le 30 juin, le travail était fini à la ferme des Whitmer à Fayette, New York. Du début à la finpas plus de 85 jours en tout. Mais, même de ce total il faut retrancher: le temps pris par Joseph et Olivier pour déménager, la première semaine de juin, sur bb, dHarmony à Fayette, quelques 240 km de trajet; le temps quil a fallu pour les trajets à Colesville afin de se procurer des matériels (120 km aller-retour); le temps pour recevoir et consigner par écrit 13 sections contenues maintenant dans les Doctrine et Alliances; le temps pour rétablir la Prêtrise dAaron et la Prêtrise de Melchisédek; le temps pour convertir et baptiser Samuel et Hyrum Smith ainsi que plusieurs autres; le temps pour recevoir des manifestations avec les Trois et les Huit Témoins; et je suppose, un peu de temps pour manger et dormir.1
Ceci laisse seulement au Prophète environ 6065 jours pour travailler à la traduction, ce qui revient à une moyenne phénoménale de huit à neuf pages par jour. Une semaine pour produire 1 Néphi, avec tous ses subtils bagages religieux et culturels qui ont pris des volumes à défaire, pour Hugh Nibley.2 Un jour et demi pour traduire le discours du roi Benjamin, qui est lun des textes les plus magistraux en matière de littérature religieuse. A part les enseignements doctrinaux sur lexpiation, le service, lhumilité, la conversion, et les alliances, ça réflète aussi la piété de l ancien Israël, introduite avec le vrai évangile de Jésus-Christ. Et cependant, il ny avait pas lieu pour Joseph de consulter la moindre bibliothèque (même sil y avait eu une bibliothèque à Harmony, en Pensylvanniece qui nétait pas le cas); pas de temps pour étudier le Mishnah pour découvrir comment, en fait, les rois Israélites donnaient des discours touchant le renouvellement des alliances, comme celui du roi Benjamin, du sommet de leurs tours, à leur peuple assemblé par familles, sous leurs tentes, autour du temple;3 pas de temps pour réviser et peaufiner, pas de temps pour faire des recoupements de dates et détails enchevêtrés. Au lieu de cela, le texte vint, ainsi que la déclaré Oliver cinq ans plus tard, "jour après jour, ininterrompu," à mesure que ses mots sortaient "de sa bouche."
De voir ceci ma fait réaliser la magnificence du Livre de Mormon. Ceci était un accomplissement renversant. Le texte fut produit dun seul trait, copie finale, dicté, et ainsi en est-il resté jusquà ce jour, à lexception de quelques retouches mineures touchant le style. En tant quavocat, je sais ce que cest que de dicter. Après des années de pratique, je ne peux toujours pas mattendre à dicter dune manière parfaite la première fois.
Considérez un deuxième cas, de lantiquité. Egalement en tant quavocat, javais été fasciné et impressionné par la sophistication technique du Livre de Mormon dans les affaires légales anciennes. Quiconque a écrit le Livre de Mormon était intimement familier avec un système legal complètement cohérent, fondé sur la jurisprudence et la terminologie légale de lancien Israël. Ceci est particulièrement vrai à propos dAlma, qui, après tout, était le Grand Juge. Les rapports sur le procès dAbinadi, Néhor, et Korihor, finirent par être de remarquables documents légaux, à la lumière de ce que nous savons sur les anciennes lois touchant les injures, les faux témoignages, le blasphème, le meurtre, la publication des résultats dune condamnation infâme, et ainsi de suite.
La loi était dune grande importance pour les Néphites comme pour les Israélites en général. Cest difficile pour nous dimaginer lardeur Israélite en matière denseignement, détude, et de mise en pratique de la loi. Ils aimaient la loi. Pendant les jours de fête, ils vénéraient la loi, affichant leurs livres de loi à travers la ville. En comparison, imaginez ce qui se passerait si nous devions faire parade dune copie du Code sur le Revenu Intérieur, durant lune de nos festivités. Ainsi est-il significatif quAlma ait dit que les Néphites étaient stricts à obéir la loi de Moïse (Alma 30:3), ce qui était le cas jusquà la venue du Christ. Néphi a dit aussi quils "gardaient les "jugements, les statuts et les commandements du Seigneur, en toutes choses, conformément à la loi de Moïse." (2 Néphi 5:10)"en toutes choses" signifierait: en matière civile et criminelle aussi bien que religieuse.
On peut voir combien ceci était vrai à travers des choses telle que la suivante: il se trouve quil y avait une grande différence, sous la loi de Moïse, et dans loi criminelle de lancien Proche Orient en général, entre être un "larron" et être un "voleur."4 Un "larron" était un membre intégral de la communauté; dhabitude, il travaillait seul, il volait des choses telles que des poulets la nuit. Une offense commise par un larron nétait pas sérieuse, et il était puni légèrement, et il lui était habituellement requis de rendre ce quil a volé et ensuite de donner le double. Un "voleur," dautre part, était un intrus, litéralement un hors-la-loi, vivant en-dehors de la communauté et en-dehors de la protection de la loi locale. Les voleurs se cachaient dans les collines, en bandes; avaient juré vux de secret; fondaient sur les villages, en assassinant ouvertement et en pillant. Les voleurs étaient un de ces grands fléaux de lancienne civilisation; quelquefois, en Egypte, ils occupaient des cités entières. Des soldats étaient envoyés à leurs trousses, et quand ils étaient pris, ils étaient mis à mort sur-le-champaucun procès nétait nécessaire.
Cette sorte dinformation apparaît significative pour la compréhension du Livre de Mormon, car celui-ci aussi observe rigoureusement cette distinction: les voleurs de Gadianton sont toujours appelés voleurs, et non larrons. Ils vivent dans les collines, et larmée se lance à la bataille contre eux. Quand les Néphites en attrapent un, comme dans le cas de Zemnariah dans 3 Néphi 4, ils le mettent à mort sur-le-champ. Aucun procès nest mentionné alors qu ils le pendent à un arbre et abattent larbre selon les rites (une forme dexécution notoire, qui, effectivement, connaît un parallèle remarquable dans un autre coin obscur de la loi juive, qui requiert curieusement que larbre, auquel le coupable est pendu, soit abattu).5 En effet, le mot hébreu pour bandit (gedud ) peut même avoir une connection avec le nom Gaddianton, particulièrement puisque ce nom, rencontré dans le Livre de Mormon, était à lorigine écrit avec un double "d," comme lhébreu gedud.
Maintenant, nous pouvons aussi mieux comprendre pourquoi Laman était aussi effrayé par la menace de Laban. Notez que quand Laman a essayé dobtenir les plaques dairain, Laban la jeté dehors en disant: "tu es un voleur, et je te tuerai" (1 Néphi 3:13). En effet, Laban était un officier militaire. Et même si Laban nétait pas, selon toute évidence, un voleur, si Laban choisit de lappeler ainsi, Laban a le pouvoir de mettre sa menace à exécution. Bien sûr, si le texte avait dit, "Tu es un larron, et je te tuerai," ça naurait pas paru correct. Mais cela aussi est un point significatif, car il y a peu de distinction substantive entre "larcin" et "vol" dans la loi angloaméricaine. Par ailleurs, Joseph naurait pu apprendre lancienne distinction, de la bible, car les traducteurs de la Version du Roi Jacques utilisent indifféremment ces deux mots, et dune manière interchangeable. Par example, dans lhistoire du Bon Samaritain, la Version du Roi Jacques dit quun homme desendit de Jérusalem et tomba au milieu de "larrons" (Luke 10:30). Bien évidemment, on ne tombe pas au milieu de "larrons" dans le désert, mais parmi des "voleurs," ce qui est conforme au grec. Cependant, à la différence de la Version du Roi Jacques, le Livre de Mormon utilise ces deux termes correctement.
Troisièmement, considérez ce qui se rapporte au monde de la littérature. Jai réalisé la précision remarquable du Livre de Mormon, pour la première fois, alors que je servais une mission en Allemagne du Sud. Cétait là, il y a vingt ans de cela, lors dune présentation dans un séminaire catholique, quon me présenta lidée du chiasme dans la Bible. Le chiasme est une variété de parallélisme qui était fréquemment utilisée dans lancien Proche Orient, spécialement en Hébreu, quoique de façon non exclusive. Au lieu de dire quelque chose deux fois dans une forme parallèle directe (a-b-c/a-b-c), un texte chiasmique se répète la deuxième fois dans lordre inverse (a-b-c/c-b-a). Un exemple pertinent se trouve dans le Lévitique chapitre 24, où les trois éléments"tue un homme," "tue une bête," et "inflige une mutilation"apparaissent dabord dans cet ordre pour ensuite être répété dans lordre inverse, encadrant la formule de la loi du talion, "il pour il, dent pour dent" (Lévitique 24:1721)
Le chiasme est plutôt un mode dexpression charactéristique, détecté récemment, ce qui est souvent une aide appréciable dans lanalyse des textes bibliques. Aussi étais-je dans un état de surexcitation lorsque je découvris, un matin de bonne heure, que plusieurs des auteurs dans le Livre de Mormon employaient aussi ce style. Il se trouve que certains des exemples, les plus significatifs et les mieux construits, de cette forme littéraire dans le monde entier, apparaissent dans les pages du Livre de Mormon.6 Un bel example se trouve dans Mosiah 5:1012 où les six éléments"nom, appelé, main gauche, se rappeler, effacé, et transgression"apparaissent dabord dans cet ordre, et ensuite réapparaissent dans lordre inverse. Un autre exemple créatif est dans Alma 41:1315. Comme Lévitique 24, Alma utilise le chiasme dune manière brillante pour dépicter laspect réciproque de la justice restaurative.
Et rien ne surpasse la composition chiasmique dAlma 36, où Alma place, au point pivot de son chapitre laborieusement équilibré, le point tournant spirituel central de sa vie entière, à savoir le point où il invoque le nom de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, pour expier ses péchés. Alma naurait pu faire appel à une meilleure tournure littéraire pour placer le Christ plus carrément au milieu de ce paragraphe.
Finalement, considérez dautres sortes de leçons plus pratiques et spirituelles que nous avons toujours à apprendre du Livre de Mormon. En tant quévêque dune paroisse détudiants à BYU, jai trouvé maintes fois que les réponses aux difficultés spirituelles étaient là, attendant dêtre découvert dans le Livre de Mormon. Mais elles ne faisaient surface quaprès que nous ayons scruté en prière les Ecritures, pour obtenir une réponse à nos besoins.
Par exemple, javais une membre dans ma paroisse, qui ne pouvait se sentir complètement pardonnée, même si elle avait sincèrement essayé. Lidée nous est venue comment Benjamin a conseillé, et commandé à son peuple, quils devaient partager de leur subsistance avec les pauvres pour pouvoir retenir la rémission de leurs péchés, jour après jour (Mosiah 4:26). Il se trouve que ceci fut la réponse. Donner des offrandes aux pauvres faisait, depuis toujours, partie des jours de jeûne de lIsraël Saint, quand ils quémandaient lexpiation pour leurs péchés. Peut-être est-ce là une leçon que nous devrions tous apprendre, une étape oubliée dans le processus de la repentance, de nous rappeler les pauvres et les nécessiteux.
En dautres occasions, jai conseillé les membres de ma paroisse qui luttaient contre la tentation quils devraient prier dune manière plus efficace, en implorant le Seigneur de les aider à surmonter ce qui les tentait. Jai aussi appris cette leçon du Livre de Mormon, car il est dit que les Néphites qui étaient justes offraient une prière chaque jour "afin quils nentrent pas en tentation" (Alma 31:10). Quand était-ce la dernière fois où vous avez demandé à votre Père Céleste que vous ne soyez pas influencé par une tentation particulière?
Ou encore, avons-nous réellement compris comment le diable opère? La vision de Léhi du grand et spacieux édifice, par exemple, nous dit graphiquement quune arme principale utilisée par le Malin est la moquerie et la dérision. Je ne pense pas que nous nous gardons suffisamment de ce genre de comportement. Cependant, quand vous connaissez la tactique de votre adversaire, cest plus facile de préparer votre stratégie de défense. Il ny a pas de meilleur exposé que celui trouvé dans le Livre de Mormon, à propos des moyens astucieux mais libertins utilisés par le diable.
Ou encore, avons-nous réellement noté ce quAlma a vraiment dit à propos de planter la semence de la foi dans Alma 32? Que saurons-nous, daprès lui, quand la semence commence à grandir? Savons-nous que la semence est "vraie"? Eh bien, selon Alma, il est dit que nous commencerons à savoir que la semence est "bonne" (Alma 32:3033, 36).
Maintenant, il y a une différence entre savoir que quelque chose est "vrai" et savoir que cest "bon." Satan, par exemple, en sait beaucoup de ce qui est vrai, cependant il en sait peu de ce qui est bon. Nous devons savoir les deux. Quel délice de savoir non seulement que lévangile et le Livre de Mormon sont vrais, mais aussi quils sont bons.
Cette liste peut continuer indéfiniment, mais considérez une de plus. Il y a des leçons à apprendre encore pour ce qui est de faire et garder nos alliances. Quand Jésus avait seulement quelques jours à passer avec le peuple juste au pays dAbondance, quest-ce quil a passé son temps à dire et à faire? Il y a juste quelques mois jai subitement réalisé quIl les a rencontrés, dans Néphi 11, au temple, où Il est entré en alliance avec eux. Cela a commencé avec un grand Hosanna, avec des instructions sur le baptême, et avec des ordonnances à la prêtrise. Il leur a dit comment ils devaient faire alliance: si quelquun parmi eux avait des rancurs contre un autre, Jésus leur a dit quils devaient aller se réconcilier et ensuite, venir au Christ à lautel. Là, ils devaient prêter serment en disant seulement "oui" ou "non." Ceci était une affaire sérieuse et sacrée. Si quelquun révélait indûment ces choses saintes à ceux qui ne sont pas dignes, en les jetant aux pourceaux, Jésus leur a dit quils seraient déchirés et foulés aux pieds.
Dans 3 Néphi 12 et 13, Il a donné au peuple une série de commandements, auxquels ils avaient alors promis dobéir. Ces commandements comprenaient la nouvelle loi du sacrifice (le sacrifice dun cur brisé et dun esprit contrit), dobéissance, de conduite appropriée envers les frères (pas de dérision, ni colère, ni ridicule), de chasteté, damour pour vos ennemis, de prière, et de consécration (car un homme ne peut servir Dieu et Mammon).
Vers la fin, Il leur promit que ceux qui savent et font ces choses auront le droit dentrer dans le royaume céleste au dernier jour. Mais ceux qui nauraient pas connu ainsi le Seigneur nauront pas le droit dentrer.
Tout ceci a été enseigné alors que Jésus préparait ces gens à faire alliance au temple, à garder ces commandements, à prendre son nom sur eux, et à se rappeler son corps quil venait de leur montrer, et quils avaient reçu et touché de leurs propres mains.
Si Jésus navait que peu de temps à passer avec ce peuple, et a choisi de le passer avec eux au temple, ne devrions-nous pas passer un peu plus de notre temps là aussi?
Pourquoi donc vous ai-je dit toutes ces choses? Il y a plusieurs raisons. Premièrement, parce que je les trouve passionnantes. Je ne cesse de mémerveiller à propos du Livre de Mormon. Les passages chiasmiques du Livre de Mormon, par exemple, sont tellement évidents, une fois quils aient été mentionnés, que je me demande comment Mark Twain ait pu leur passer à côté. Sachant que le contexte du Sermon de Jésus au Temple touchant les alliances est si clair est précieux pour moi, je me demande pourquoi je ne my suis pas concentré plus tôt. Le Seigneur a dit que le Livre de Mormon contient "la plénitude de lévangile" (D&A 20:9). Cette déclaration est plus vraie quon ne le réalise. Scellées quelquepart dans ses pages se trouvent, je le sais, beaucoup de leçons qui sont encore à apprendre et beaucoup de choses toujours à découvrir.
Je vous dit également ces choses parce que je sais quelles sont vraies et bonnes pour nous. Un des buts du Livre de Mormon est dêtre un témoin convainquant que Jésus est le Christ. Son but cest de convaincre Juifs, Lamanites et Gentils. Tout en reconnaissant que toute preuve doit être évaluée soigneusement, je trouve laccumulation de faits tels que ceux-ci plûtot persuasive et vraiment convainquante que ce livre témoigne en vérité que Jésus est le Christ.
Est-ce que ceci signifie que jessaie de prouver que le Livre de Mormon est vrai? Cette question est souvent posée, mais pas assez souvent pondérée. A cet égard, jaime ce que B.H.Roberts a dit en 1909: Le Saint Esprit "doit toujours être la source suprême de preuve pour la véracité du Livre de Mormon. Toute autre évidence est secondaire à celle-ci, celle qui est suprême et infaillible. Aucun système de preuveaussi habilement arrangé quil soitaucun raisonnementaussi adroitement émis quil soitne peuvent jamais prendre [la] place [du Saint-Esprit] . . . Cependant, "des évidences secondaires pour soutenir la vérité," poursuit-il, "comme les causes secondaires en matière de phénomène naturel, peuvent être dune importance de première classe et être de puissants facteurs dans lachèvement des buts de Dieu."7 Je crois que des documents historiques, datant à partir de 1829, une distinction légale entre vol et larcin, et dautres études de la sorte, nous donnent seulement ce genre de preuves secondaires de première classe. Ils nous aident à apprécier les origines miraculeuses du Livre de Mormon, la complexité du système légal et littéraire encastré dans le texte, et la profondeur de ses doctrines. Ceci nest pas un simple livre esquissé de la main dun jeune homme, mais reflète le meilleur dun millier dannées de civilisation et dinspiration.
Bien sûr, le Livre de Mormon reste un sujet de débatet heureusement, le Seigneur la laissé principalement dans le domaine de la foi. Toute question ne peut être répondue à la satisfaction de tous, mais quand cela a-t-il jamais été le cas pour la Bible, les mathématiques, ou nimporte quel autre sujet? Cependant, Dieu ne nous a pas laissé sans amples raisons positives, qui guideront lesprit curieux, et susceptible dêtre enseigné, au niveau de la foi.
Jai également dit ces choses pour montrer que plusieurs approches seront nécessaires pour sonder les profondeurs du Livre de Mormon. Des approches historiques, doctrinales, théoriques, pratiques, religieuses, légales, littéraires, intellectuelles, et spirituelles, sont toutes nécessaires. Président Benson a dit: "Non seulement nous devrions connaître lhistoire . . . que Livre de Mormon contient, mais nous devrions aussi comprendre ses enseignements. . . . Dieu sattend à ce que nous utilisions le Livre de Mormon de différentes manières." Ce livre a de nombreux buts qui y sont mentionnés. Ils exigeront les meilleures de nos facultés.
Les approches, dont jai fait mention, donnent seulement un aperçu des études faites en ce moment par de nombreuses personnes à B.Y.U: Hugh Nibley, sur les anciens models culturels du livre et de leurs implications modernes; John Sorenson, sur la géographie limitée, requise par le livre lui-même; Robert Matthews et Monte Nyman, qui accordent un grand intérêt au livre et au Mormonisme contemporain; Stephen Ricks, Dan Peterson, et Stephen Robinson, qui travaillent sur les comparaisons avec le milieu hébreu, arabe et le monde chrétien ancient; Bob Millet et Joseph McConkie, qui explorent ses significations et portée doctrinales; Noel Reynolds, qui scrute 1Néphi dune perspective politique, donnant légitimité à Néphi en tant que successeur de Léhi; Roger Keller, qui ajoute cette année une seconde contribution à lanalyse, assistée par ordinateur, des auteurs; Paul Hoskisson, qui cherche des étymologies potentielles sur les noms propres du Livre de Mormon; et beaucoup dautres.
Chacun approche le livre différemment, ce qui me permet de voir combien incomplet est mon propre savoir. Comme lapôtre Paul la dit, nous voyons seulement "à travers un miroir dune manière confuse"; notre connaissance est incomplète, nous "voyons partiellement" seulement, et nous prophétisons même seulement "partiellement" (1Corinthiens 13:9,12). Similairement, Président Benson a dit que nous ne devons jamais faire halte dans notre étude du Livre de Mormon. Ça nous usera bien avant que nous luserons: "Tout Saint des Derniers Jours devrait faire de ce livre une étude pour la vie. Autrement, il placerait son âme en danger et négligerait ce qui pourrait donner une unité spirituelle et intellectuelle à sa vie toute entière."
Notez bien ce que le Président Benson dit là: "Unité spirituelle et intellectuelle à votre vie toute entière." Une autre raison pour laquelle je vous ai dit ces choses, cest parce que je pense quelles sont le genre de choses qui pourraient nous aider à réaliser lunité spirituelle et intellectuelle dont Président Benson parle. Il y a un verset des Doctrine et Alliances, gravé sur une plaque dans la Bibliothèque Lee (à BYU). Cest sur lescalier qui mène du bureau de prêt au quatrième étage. En tant quétudiant à BYU dans les années 60, je pouvais le voir plusieurs fois par jour, et ça a fait une profonde impression sur moi. Ça nous exhorte à "rechercher la connaissance par létude et aussi par la foi" (D&A 88:118). Lesprit et lintellect, létude et la foi, la science et la religion, le témoignage et lacadémique. Souvent, nous voyons ceux-ci comme des opposés, mais en fin de compte ils ne le sont pas. Si nous recherchons premièrement Dieu et sa gloire, si dans nos études nous sommes toujours disposés à écouter les conseils du Seigneur, si nous sommes autant rigoureux à propos de ce que nous pensons et comment nous raisonnons, nous verrons comment toute vérité peut être circonscrite dans un tout et que toutes choses contribueront à notre bien.
Des outils dérudit peuvent être utilisés en étudiant davantage les Ecritures. Là aussi, nous devons être, en traduisant du Grec, "aussi avisés que des serpents mais aussi purs que des colombes" [phronimoi, akeraioi] (cf. Matthieu 10:16). Tout outil peut être utilisé pour le bien ou pour le mal. Un marteau peut être utilisé pour construire ou pour détruire. Ça peut même blesser la personne insouciante ou inexpérimentée qui essaie de lutiliser. Mais pour cette seule raison, nous névitons pas tous les marteaux. Tout outil doit être utilisé prudemment, avec de lentraînement, et dans le but indiqué. Chacun doit faire attention à ne pas excéder ces limites. Nous devons tous tempérer lenthousiasme avec la compétence, et le zèle avec la connaissance, mais aussi nous devons tempérer les prémices de linspiration et les assertions érudites avec lhumilité.
Mais avec les bons outils utilisés de façon appropriée, nous pouvons faire de grandes choses. Le Livre de Mormon reste un livre scellé par de nombreux sceaux. Des outils et méthodes appropriés en ouvrira davantage dentre eux, et nous en révèleront alors beaucoup de sa plénitude. Cest scellé pour nous, à cause de notre infidélité et de nos manquements à prier. Cest scellé pour nous, à cause de notre inattention aux détails et au contexte. Cest scellé pour nous, en partie de par sa nature, parce que cest un abrégé. Cest scellé même davantage, à cause de nos manquements à écouter les autorités, et à appliquer les enseignements du Livre de Mormon chaque jour. Cest scellé quand nous prenons ses origines divines, et sa simple élégance, à la légère. Cest scellé quand nous manquons de voir le peuple du livre comme ils se sont vus eux-mêmes. Ce nest plus scellé quand nous ne nous mettons pas des illères et cessons dentendre ce que nous voulons entendre, mais prenons du recul et laissons le Livre de Mormon nous parler, au lieu de lui parler nous-mêmes. Maintenant, ce livre est supposé nous parler de la poussière, mais cela ne veut pas dire la poussière de nos étagères. Tout ceci prendra dimmenses efforts; cependant, les récompenses promises en valent la peine et même plus.
Tôt ou tard, ce livre sera descellé dans notre vie. Dans les derniers jours, Esaïe dit que ce livre ne sera pas un livre scellé quand finalement "le sourd entendra [ses paroles] et les yeux des aveugles verront dans lobscurité et les ténèbres" (Esaïe 29: 18). Alors, dit-il, les humbles croîtront, tandis que les moqueurs seront consummés (Esaïe 29:19-20). Ceci arrivera, dit Esaïe, quand ceux qui avaient erré acquerront de lintelligence, et ceux qui ont murmuré apprendront la doctrine (Esaïe 29:24) Les deux seront requis: une compréhension correcte et la dévotion pour la doctrine.
Au jugement dernier, nous verront également encore ces paroles. Les livres de la vie seront descellés, et toutes choses seront manifestées, quelles soient bonnes ou mauvaises. Les paroles du Livre de Mormon figureront dune manière proéminente en ce jour, car ce sont les paroles selon lesquelles vous et moi serons jugés. Comme Dieu la dit, ils resteront comme un témoignage éclatant au jour du jugement (Mosiah 3:23-24; Moroni 10:27).
Espérons que ce ne sera pas la première fois que le Livre de Mormon sera véritablement descellé et ouvert devant nos yeux.
Rien ne surpasse la composition chiasmique dans Alma 36, où Alma place, au point pivot de son chapitre laborieusement equilibré, le point tournant spirituel central de sa vie entière, à savoir le point où il invoque le nom de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, pour expier ses péchés. Alma naurait pu faire appel à une meilleure tournure littéraire pour placer le Christ plus carrément au milieu de ce paragraphe.
Le Livre de Mormon nest pas un simple livre esquissé de la main dun jeune homme. Bien sûr, le Livre de Mormon reste un sujet de débatet heureusement, le Seigneur la laissé principalement dans le domaine de la foi. Toute question ne peut être répondue à la complète satisfaction de tous, mais quand cela a-t-il jamais été le cas pour la Bible, les mathématiques, ou nimporte quel autre sujet?
Avons-nous réellement compris comment le diable opère? La vision de Léhi du grand et spacieux édifice, par exemple, nous dit graphiquement quune arme principale utilisée par le Malin est la moquerie et la dérision. Je ne pense pas que nous nous gardons suffisamment de ce genre de comportement. Cependant, quand vous connaissez la tactique de votre adversaire, cest plus facile de préparer votre stratégie de défense.